Réflexion sur la liste des traits censés définir l’individu surdoué

 Gifted by Mr Frenzy on Devian ArtAprès avoir découvert avec stupeur à l’âge de 38 ans que j’étais une personne dite surdouée, j’ai parcouru de nombreux sites et forums dédiés au sujet. Il m’est apparu que, curieusement, la douance est très souvent associée à la notion de souffrance et de difficultés.

J’ai le sentiment que de nombreux surdoués en recherche d’identité s’identifient à des caractéristiques censées les « définir » alors qu’en réalité ce seraient, selon mon hypothèse, des traits psychologiques individuels développés au sein d’une pression environnementale particulière. Le fait que ces traits puissent être partagés par un grand nombre d’individus surdoués donnerait une illusion d’identité commune alors qu’il y a probablement autant de différences entre deux personnes dont le QI est élevé qu’entre deux personnes de QI moyen.

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Étonnant non ?

Je viens de découvrir une nouvelle science. La collapsologie. Ce mot «collapsologie», les deux jeunes auteurs l’ont inventé. «On avait pensé à « effondrementisme », mais c’est moche et le…

Féminisme : qu’est ce qu’on fait maintenant ?

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Pour régler les problèmes, il existe une solution très simple. Trouver l’ennemi, l’éliminer. Même si on peut nuancer la technique, elle a encore un grand succès. Mais dès qu’on s’intéresse à la systémique, on voit que tout ne peut pas être si simple.

Vers un militantisme joyeux

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Je ne sais pas si c’est très politiquement correct ce que je vais dire, mais je n’en peux plus des discours alarmistes sur notre pauvre planète qui va crever, « et quel monde allons-nous laisser à nos enfants » et patati et patata… A force, c’est un tel matraquage que se glisse en moi l’idée que contribuer à diffuser cette vision des choses, c’est faire le jeu des soubresauts du système capitaliste finissant…

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Changement de paradigme et transition de phase

On entend beaucoup parler ces dernières années du fameux « changement de paradigme », dans beaucoup de domaines : la science, la philosophie, la sociologie, la politique, la technologie, la spiritualité,…

Pire to pire : le fantasme de la perfection sociale

Illustration : Le Canard digérateur créé par Jacques de Vaucanson

Illustration : Le Canard digérateur créé par Jacques de Vaucanson

Décentralisation, distribution, peer-to-peer, blockchain : on assiste à un déferlement de termes censé ouvrir un nouvel horizon de libertés individuelles et collectives. Pourtant, quelque chose cloche dans les discours et un frisson me parcourt souvent l’échine à l’écoute de certaines vidéos ou à la lecture de certains articles…

Toucher l’âme du doigt

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J’ai toujours vu les projets avec cette illusion que l’important est dans le résultat. Je pense avoir compris aujourd’hui pourquoi mes projets sont des échecs. L’important n’est pas le résultat. L’important n’est pas la description cosmétique d’une chose à réaliser ou obtenir.

Quanta soi

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Objets inanimés, avez-vous donc une âme

qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?

Alphonse de Lamartine

(1790-1869)

Maman, les objets ont-ils une âme ? 

 

Je m’entends lui répondre que si l’âme, c’est une forme d’énergie située au coeur de la matière alors oui ils en ont une. En d’autres termes, je déplace la question vers le sujet de réflexion « les objets ont-ils conscience d’eux-même. » Pour une question d’enfant de huit ans, c’est bien suffisant.

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Holographik

Un projet constructif, c’est quoi ? Semeoz parle des : « initiatives d’une société civile qui s’affranchit des codes, clivages, gouvernances, pratiques, méthodes ou usages classiques. » Oui, aujourd’hui de…

= 4 ou = 5 ? Un blog scolaire d’instruction en famille

blog-scolaire
J’ai créé, avec l’aide technique bienveillante de
Maïa, un blog scolaire d’instruction en famille.
Je pense qu’il est maintenant suffisamment avancé pour que je puisse vous le présenter.
Le nom a été choisi par le principal concerné, le petit garçon qui reçoit les cours décrits.
http://egale4ouegale5.com/

Le vide

YAyoi Kusama installationL’espèce d’espace de l’infiniment petit me donne le vertige, ce vertige abyssal dans lequel se perdre et qu’expérimente La petite Alice de Lewis Caroll (et sa photo aux cheveux à la Louise Brooks me fixe gravement). Le vertige des atomes dans lequel se balade Alice est pour moi bien plus fort que celui des grosses planètes, et c’est pourquoi je partage ici cette émission de France Culture sur le vide, qui n’existe pas.

Les étoiles de neige

Image au microscope de flocons de neige

Je me trouve dans une ville inconnue qui ressemble à Mexico. Les gens cependant y ont une attitude étrange qui ne correspond pas au pannel d’émotions-réactions classique des humains en général, même à Mexico. De plus, je connais vraiment Mexico et je sais que toutes ces attitudes semblent fausses, surjouées, dangereuses. Je sens que je suis passée dans une réalité autre mais je ne dispose d’aucun élément me permettant de le prouver, de le comprendre mieux, de l’analyser à froid, d’en sortir. Je remets à plus tard la résolution de ce mystère tout en gardant présent à l’esprit que ce monde est dangereux, beaucoup plus que le vrai qui est déjà pas mal dans le genre.

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Semeoz.info

Près de deux ans après l’ouverture de ce blog collectif, l’équipe de Kaléidoblog est heureuse de vous faire part de l’arrivée en ligne d’un nouveau site issu de…

Potentiel d’action

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Cela fait maintenant trois ans que j’ai appris que j’étais surdouée.

« Comment ça appris ? »

Eh oui,…

La douance, c’est un peu comme un nez au milieu de la figure : elle hurlait sa présence par tous les pores de mon cerveau, mais personne, jamais, ne l’avait appelée par son nom.

La douance, c’est un peu comme un secret de famille : ça se voit, ça transpire, tout le monde en parle implicitement, c’est flagrant, et pourtant, dans certaines circonstances, ça reste muet.

Se découvrir surdoué à un âge tardif, c’est peut-être un peu comme chausser des lunettes EnChroma alors qu’on a toujours été daltonien. On s’assoit, le souffle coupé, les émotions en vrac dans la poitrine… 

Sciences existentielles

Ces dernières semaines, la seule image que j’ai trouvée pour illustrer mon état intérieur est cette toile monochrome :

Robert Ryman

Robert Ryman, Chapter, 1981

« Le blanc permet à d’autres choses de devenir visibles« 

Effectivement, ce rien n’est pas vide, c’est une sorte de terre brûlée recouverte d’un manteau de neige qui assourdit tous les bruits du monde. J’ai parfois l’impression d’observer l’humanité et la planète comme j’observais les fourmilières quand j’étais gamine, accroupie et fascinée pendant des heures, seule. Il y a sans doute encore quelque chose de fertile là-dessous, mais comme suspendu dans une hibernation dont seule la nature connaît la fin. J’espère une rencontre sans l’attendre réellement. Rencontre avec l’autre, rencontre avec l’intangible, rencontre avec un désir…?

Désintégration

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Extrait de mon journal
Je ne sais pas ce que j’ai déclenché mais c’est particulièrement désagréable. Maintenant c’est une sorte de colère qui gronde en moi. Cette impression d’être une petite fille gâtée qui s’invente des malheurs pour ne pas s’ennuyer. J’ai la pénible impression que tout ce que j’ai écrit tout à l’heure est un tissu d’âneries.
Comment répondre à une question quand on ne sait même pas laquelle poser ? C’est qu’il n’y a pas de question du tout, que j’ai tout inventé pour occuper une vie bien banale ?
Tu as peut-être raison. Une bonne psychanalyse, une semaine à la mer et puis zou ! Fini les conneries.
Je ne vais quand même pas tourner en rond comme ça pendant des mois !
Mars 2001

Non, pas des mois, des années… Ce n’est pas faute d’y avoir cru. J’ai failli plusieurs fois publier mon journal, me croyant enfin « arrivée ». Ç’aurait été une sorte d’anthologie de la psychothérapie, pour dire aux autres et surtout à moi-même : voyez ! ça marche ! Encore plus fort, après la découverte de mes rayures, le tome 2 aurait crié à tous : « Passez un test de QI, après on est heureux !« . J’y croyais oui : de nouveaux amis, un nouvel amour, la promesse d’une vie sereine, enfin…

Mais j’avais oublié un détail.

Thermodynamique de la créativité : hypothèses

perspectiveDans un précédent billet, j’avais trouvé amusant de voir où mène une réflexion comparant l’être humain à une structure dissipative (à la suite du visionnage d’une vidéo de François Roddier – Voir le diaporama de la conférence vidéo). J’avais alors émis l’hypothèse que l’ensemble des dissipations d’énergie traversant un être humain serait ce que l’on appelle « la créativité » au sens large du terme (création de nouveau). Et si l’on poussait le raisonnement un peu plus loin ?

La suffocation

220px-Maelstrom-ClarkeJ’étais en pleine kissariat des bijoutiers au centre de Tiznit, en train de papoter en berbère avec un bijoutier, de travailler donc, quand mon mari m’appelle. Je sors de la minuscule échoppe pour avoir du réseau et je l’entends dire, sur un ton scandalisé, « ils ont tué Cabu, Wolinski, grouiiiiiiii, les barbus, grouiiiiiiiiiiiiii, plein de morts, grouiiiiiiiii » et hop ça coupe.
J’ai eu un maelström dans la tête.

Suffer suffer for world

1er_juin_1885_-_Enterrement_Victor_Hugo

J’ai suivi tous ces événements de côté, sans réellement y entrer. Un peu comme dans un brouillard.

Le mercredi matin de l’attaque de Charlie Hebdo, j’étais à Paris. Nous venions d’arriver le soir avant en provenance de la Montagne Noire, et de quelques jours passés en famille, encore un peu tristes d’avoir quitté une petite fille et sa mère. Ce matin-là ce je me suis réveillé et j’ai préparé deux entretiens pros que je devais faire dans l’après-midi dans le 18ème. Plongé dans mes papiers et mon écran, je n’ai rien vu, j’ai juste appris l’info avant de partir, mais je n’avais l’esprit qu’à mes rendez-vous, l’itinéraire à prendre, et ne pas trop arriver en retard. Une journée à discuter, riche et intéressante, puis un retour interminable dans la cohue et la foule triste du métro parisien. Arrivé dans le petit appart de l’amie qui nous héberge, j’apprends le nombre de morts, et leur qualité. Wolinski, Cabu, Maris, bah oui ça me parle.

Je ne sais pas

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Le hasard du calendrier… J’étais à Paris ce jour-là…

Je ne me souviens pas de comment j’ai appris la nouvelle. Mon cerveau n’a pas enregistré cette information. C’est déjà très significatif sur la façon dont j’ai vécu ce moment : « Je ne veux rien savoir« . Mais la télé était allumée chez mon amie, j’ai assisté aux scènes en direct. J’avais beau essayer de détourner mon regard, c’est toujours hypnotique ce genre d’images. La peur dans la voix des personnes réfugiées sur le toit…

Un peu plus tard, j’ai entendu les noms de ceux qui étaient mort. J’ai secoué la tête. J’ai vu passer derrière mes yeux l’image de ce drôle de troll souriant, coiffé au bol, qui dessinait pour moi tous les jours, au temps où ma nounou s’appelait Dorothée.

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Ouvertures sur l’ouverture

« On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. »
Kant

Accepter ce qui est ambigu, le regarder tel qu’il est, sans vouloir l’amputer pour le ranger dans nos catégories préfabriquées.

Accepter de ne pas savoir, sans faire appel aux préjugés et aux généralisations abusives.

Accepter l’imprévisible, sans vouloir contrôler le cours des choses, sans vouloir faire des prévisions stériles.

Entre eux, sans s’y fixer, l’auteur poussa sa vie

Le moteur d'Eric Van Hove
Un de mes plaisirs dans cette vie, c’est de pouvoir échanger avec quelques autres doux dingues sur des sujets de société via des forums sur internet. Une sorte de « rubrique à branques » sympathique. Le soir après avoir « tombé » la journée et ses impératifs, quel bonheur d’aller voir où en sont les autres de leur réflexion et comment je peux moi aussi alimenter la thématique à l’ordre du jour.

Clair-obscur

clair obscurCe matin, un rêve sensitif – comme je les appelle – m’a tiré du sommeil d’un coup.

Mon père et moi étions dans une immense forêt, nous marchions, il allait de son côté et moi du mien. Une longue rivière chargée de boue nous séparait. Et, alors que je le regardais fouler la terre de son pas nonchalant, j’ai vu un félin – de type lion – lui barrer le passage.

Petite règle du jeu de la manipulation

wizard by tess_27Ce manuel est à l’usage des personnes un peu trop naïves qui se demandent souvent pourquoi elles sont systématiquement le dindon de la farce dans le grand jeu de la vie. Nous les appellerons victimes. Il peut également s’adresser aux personnes conscientes de leurs pulsions manipulatrices et qui, avec un peu d’humour, souhaitent mieux comprendre le jeu auquel elles s’adonnent.

Plaidoyer pour l’intellect

lecture-copyleft-kaleidoblogJe me souviens de ce soir d’été où j’ai retrouvé la joie de la langue. J’étais assise en tailleur, en face d’un petit garçon de 4 ou 5 ans, et nous jouions à nous lancer des mots. Chacun de nous deux laissait vagabonder son esprit au gré du plaisir, et envoyait à l’autre le premier vocable qui pétillait le plus fort. Les « Tomate ! », « Camion ! » et autres « Salsepareille ! » étaient ponctués de grands éclats de rire. Gratuits. Légers. Spontanés.

Grâce à ce petit garçon qui me faisait miroir, je me suis souvenue…

Je me suis souvenue du plaisir joyeux et surpris que j’avais éprouvé, bien des années auparavant, en découvrant les libertés que s’octroyait Boris Vian avec le style littéraire et le vocabulaire…

La guerre est finie

Extrait de mon journal
Je viens de voir à la télé un Monsieur rayonnant qui construit des maquettes d’église avec des bâtons d’esquimaux !
C’est quoi mon bâton d’esquimau à moi ?
J’entrevois tous les possibles mais ils brillent tous ensemble et je ne sais lequel cueillir.
Mars 2001

lost child by silverwing sparrowTreize ans plus tard, j’en suis au même point.
Entre temps, des années de spéléologie psychologique, des larmes, des souffrances conscientisées, une destruction massive de tout ce qui faisait mon identité.
J’ai tout perdu plusieurs fois : une partie de ma famille, mes couples, mes boulots, de nombreux amis, des lieux de vie, mes habitudes alimentaires, et même mes certitudes quant à mon orientation sexuelle.

Parfois, j’ai eu l’impression d’avoir tout gagné, d’être libre pour la première fois de ma vie.

Libre de quoi ?

La rage de revivre

Suicide_by_celticwillowJe viens de comprendre que je me suis suicidée, sans doute vers l’âge de 14 ans. Suicidée intellectuellement et culturellement. Ce hara-kiri que j’observe chez pas mal de surdoués masculins et qui se situe en général à l’âge adulte, qui me fascine et me questionne, il a eu lieu beaucoup plus tôt chez moi. Apparemment chez les filles c’est comme ça, si j’en crois JSF. Il a eu lieu avant même que j’ai eu le temps de me construire. Les fausses idoles, les musiques mièvres, les fausses préoccupations sont venues remplir le vide intersidéral de ma solitude. J’ai totalement cessé de lire, de me cultiver, attention danger.

L’air de rien

saxophone_by_rhubarbandcustardÇa faisait tellement longtemps que je n’avais plus écrit. Je me disais que c’était normal, que j’avais passé la phase de ma vie consacrée à l’introspection, que désormais je vivais ma vie plutôt que de l’écrire. Je m’aperçois qu’il n’en est rien, que si je n’écrivais plus, c’est parce que je n’avais plus rien à dire, ni en bien, ni en mal. Je m’aperçois -fallait-t-il tout ce temps ?- que l’écriture est ma respiration, qu’elle m’emplit, qu’elle m’habite, qu’elle est le prolongement d’un corps, le mien.

Devenir femme

NarcisseLa première fois que je l’ai rencontrée, c’était un matin clair de juillet. Un jour de départ. Je venais de passer deux semaines irréelles dans un lieu clos, ce genre de lieu verdoyant et isolé que choisissent les écoles de formation de psys pour protéger leurs élèves des éléments extérieurs… Je disais au-revoir, le coeur serré, à ces nouveaux amis, futurs collègues. Et puis j’ai croisé son regard noir ébène. Et j’ai reçu un coup de poing dans la poitrine… Je ne parvenais plus à m’en détacher, je ne parvenais plus à partir, et pourtant il l’a bien fallu…

Le chemin du cœur
Point neuf : les elles du désir

Modelage

Pendant longtemps, j’étais plutôt tranquille au fond de ma forteresse, bien plus préoccupée par le social et mon image que par ce qui se passait à l’intérieur. Ce n’est qu’après le bac, lorsque j’ai « coupé le cordon » pour la première fois et que j’ai commencé à voler de mes propres ailes que l’effondrement a commencé, lentement mais sûrement. J’avais vingt ans la première fois que je suis restée paralysée, livide, sans comprendre ce qui m’arrivait. Au lieu de faire consciencieusement mes devoirs pour le lendemain, j’étais en train de prendre un grand plaisir à jouer à la console vidéo : j’ai été terrassée par ce que j’identifie aujourd’hui comme ma première attaque de panique.

Le chemin du cœur
Point huit : la réconciliation

Château double

Il y a quelques années, lors d’un stage de feu l’ANPE, une formatrice m’a dit : « Votre CV fait peur ! Vous avez fait tellement de choses différentes qu’on ne sait pas qui vous êtes ». J’ai gentiment accepté de « maquiller » cette image sociale de moi pour lui donner une forme cohérente, masquant certaines expériences, modifiant le libellé de certaines autres,… J’ai bien senti que je n’étais pas d’accord, mais je n’ai rien dit, j’ai joué le jeu. Cet épisode banal résume assez bien l’histoire de ma vie.