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Désintégration

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Extrait de mon journal
Je ne sais pas ce que j’ai déclenché mais c’est particulièrement désagréable. Maintenant c’est une sorte de colère qui gronde en moi. Cette impression d’être une petite fille gâtée qui s’invente des malheurs pour ne pas s’ennuyer. J’ai la pénible impression que tout ce que j’ai écrit tout à l’heure est un tissu d’âneries.
Comment répondre à une question quand on ne sait même pas laquelle poser ? C’est qu’il n’y a pas de question du tout, que j’ai tout inventé pour occuper une vie bien banale ?
Tu as peut-être raison. Une bonne psychanalyse, une semaine à la mer et puis zou ! Fini les conneries.
Je ne vais quand même pas tourner en rond comme ça pendant des mois !
Mars 2001

Non, pas des mois, des années… Ce n’est pas faute d’y avoir cru. J’ai failli plusieurs fois publier mon journal, me croyant enfin « arrivée ». Ç’aurait été une sorte d’anthologie de la psychothérapie, pour dire aux autres et surtout à moi-même : voyez ! ça marche ! Encore plus fort, après la découverte de mes rayures, le tome 2 aurait crié à tous : « Passez un test de QI, après on est heureux !« . J’y croyais oui : de nouveaux amis, un nouvel amour, la promesse d’une vie sereine, enfin…

Mais j’avais oublié un détail.

(sans nom)

yin yangJe suis née dans une famille athée, de celles que Pagnol aurait pu décrire tant elle est truffée d’instituteurs gauchistes à l’accent provençal. C’était un athéisme militant, une forme de religion extrémiste qui fustige tous ces cons de croyants et ces salopards de curés. Il y avait bien ma grand-mère maternelle qui était catholique. Mais elle était non pratiquante, et tout ce que j’ai su de sa foi, c’est une médaille « Ave Maria » qui m’est restée, une petite vierge en plastique remplie d’eau de Lourdes, et sa volonté d’être enterrée à l’église.

VOYAGE DANS UN PAYSAGE MENTAL 2. Introspection angoissée

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LA MORT

La petite section à deux ans donc, et quelques mois plus tard, en même temps qu’il acquiert du vocabulaire dans cette troisième langue qu’est l’arabe, il démarrera une longue crise métaphysique : Dieu existe-t-il ? Comment est-il ? Où vit-il ? Que veut-il ? A quoi ressemble-t-il ? Où irais-je après ma mort ? qu’est-ce que je deviens si vous mourrez ? Comment le corps se décompose-t-il après la mort ? Pourquoi ? Les yeux restent-il s ouverts ?

A l’école, on lui parle déjà de Dieu, omniprésent dans cette culture. Et voilà….

Je l’ai sevré il y a peu, à son grand dam, est-ce lié ? La perte du sein à 22 mois couplée à la découverte du divin vécue comme un drame ? Nous sommes désemparés face à ces crises d’angoisse. Un enfant de deux ans ! Comment est-ce possible ? Il est si petit !

Le chemin du cœur
Point zéro : le début et la fin

Camille ClaudelPuisque c’est ici que tout se termine, commençons par là… Je suis perdue au milieu du cosmos, loin de tout visage familier.

J’ai abandonné mon métier, mes amis, mon appartement parisien pour aller vivre dans un lieu-dit au fin fond de la campagne française. Lorsque ce mouvement a été irréversible, le déménagement effectué, la femme vers qui j’avais fait ce long voyage m’a annoncé : « Je ne suis pas amoureuse de toi ». Trou noir, sidération. Mon corps s’est tétanisé, mon cerveau a cessé de fonctionner. Mon regard s’est perdu quelque part entre le plafond et l’espace. Vais-je basculer du côté de la folie ? Me laisser mourir ? Je me sens aspirée inexorablement vers le fond de la spirale de ma vie. En une fraction de seconde, présent et passé se rejoignent brutalement en un seul point de douleur.