Un de mes plaisirs dans cette vie, c’est de pouvoir échanger avec quelques autres doux dingues sur des sujets de société via des forums sur internet. Une sorte de « rubrique à branques » sympathique. Le soir après avoir « tombé » la journée et ses impératifs, quel bonheur d’aller voir où en sont les autres de leur réflexion et comment je peux moi aussi alimenter la thématique à l’ordre du jour.

C’est ainsi que me fut proposé, ainsi qu’à d’autres personnes, cette invitation à « penser » la science. Le créateur du fil donnait tout d’abord matière à réflexion à partir d’un texte de Bernard d’Espagnat(1)Bernard d’Espagnat, ancien directeur du Laboratoire de physique théorique et particules élémentaires de l’université d’Orsay, a enseigné la philosophie des sciences à la Sorbonne et fut le premier physicien théoricien en poste au CERN à Genève. De renommée internationale, il est l’auteur de plusieurs livres de référence, dont A la recherche du réel. Ici, une courte biographie de Bernard d’Espagnat, philosophe et physicien. http://www.larecherche.fr/actualite/aussi/bernard-espagnat-physicien-du-reel-voile-01-05-1997-85841 qui glorifiait les poètes timides tendus dans un « refus positif » de l’homme de science » mécaniciste et de la culture hyper-intellectualiste. Voici le texte :

« un refus positif : le refus des poètes :
Le peuple des poètes est peu nombreux si l’on ne considère que les auteurs qui font des vers et les publient. Mais il regroupe une grande quantité de personnes si l’on qualifie de ce nom, comme il convient, toutes celles qui ont une sensibilité de poètes. Ces poètes-là sont, par nature même, extrêmement peu organisateurs (on n’organise pas les nuées ni le bruit du vent), timides (on ne défend pas une nuance exquise ou un beau vers face aux raisonneurs et aux brailleurs) et par conséquent réduits plus ou moins au silence. Dans le fond de leur cœur, ils savent cependant – ou croient savoir – que Villon, Nerval, Baudelaire et bien d’autres avaient découvert une autre dimension de l’homme que celles que leur décrivent sociologues, chimistes et intellectuels de toutes sortes. Dans le silence, beaucoup participent donc au refus intérieur dont il était plus haut question.

En particulier, ces poètes refusent la science. Mais il faut bien comprendre qu’au fond ce refus-là n’est qu’indirect. Ce qu’ils ne peuvent en fait admettre c’est la trop intellectualiste culture officielle de notre temps. Ils doutent de la valeur d’une « culture » qui en littérature s’ouvre de façon quasi exclusive aux pulsions et aux divers aspects sauvages de l’inconscient (ce qui est une manière de faire de l’intellectualisme), et qui dans les arts, contrairement à toutes les cultures précédentes, se montre incapable de comprendre qu’une composante de grâce et d’émotion subtile soit indispensable à l’épanouissement de l’esprit. S’ils refusent la science et la technoscience, c’est parce que cette nouvelle culture, béate devant les engrenages et autres figures du même genre, pense implicitement s’inspirer, par des références de ce type, de la « modernité scientifique ».

Or il s’agit-là, on le verra, essentiellement d’un malentendu. L’homme de science actuel n’est plus mécaniciste. Il ne fait plus des engrenages l’ultime symbole de la » haute scienticifité ». Il regrette donc que les poètes dont-il s’agit rejettent la science pour ces raisons. Mais on voit bien que simultanément il peut fort bien admettre le refus de la culture hyper-intellectualiste dont il vient juste d’être question, et qu’il peut même fort bien, sans entrer en contradiction avec lui-même, de qualifier ce refus de »positif ».

Bernard d’Espagnat – Penser la science, ou les enjeux du savoir – Dunod 1990

Dans le registre « de grâce, un peu de grâce! Même s’il s’agit de science…. » j’étais d’accord et je lui ai envoyé un magnifique moteur réalisé par une quarantaine d’artisans marocains différents, chacun d’entre eux ayant insufflé le maximum de savoir délicat, de patine d’amour, de gestes sûrs hérités de ses ancêtres. Le tout sous la houlette de l’artiste belge Eric Van Hove, plasticien, nomade, poète, totalement opposé à la culture hyper-intellectualiste de l’art contemporain tel qu’il se vit actuellement en Europe.(2)Petit dossier sur Eric van Hove et son moteur si touchant :
Son site : http://www.transcri.be/
Un wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Van_Hove
Une conférence TEdx Marrakech https://www.youtube.com/watch?v=EyF3ZXMW_a4

« Cette œuvre d’Eric van Hove, expliquait yabiladi sur le net, correspond à la reconstitution, à l’échelle, d’un moteur 12 cylindres dont l’histoire est un peu particulière. Abdeslam Laraki, constructeur automobile casablancais, conçoit il y a une dizaine d’années une voiture de sport, la Fulgura, entièrement produite au Maroc, à l’exception du moteur, qui provient des usines Mercedes. Pendant à peu près un an, l’artiste belge Eric van Hove va faire réaliser par une quarantaine d’artisans marocains l’ensemble des 465 pièces du moteur d’origine, mais chaque réplique sera confectionnée à la main, à partir de matériaux et de techniques propres au métier de chacun d’entre eux »(3)http://www.yabiladi.com/articles/details/26238/maroc-artisans-concoivent-moteur-base.html

Le moteur d'Eric Van Hove

© Eric Van Hove(4)source http://www.transcri.be/Eric_van_Hove_work_bio.pdf

Ce moteur hallucinant entrait parfaitement en résonance avec le texte suivant proposé par Harpo qui tenait décidément à nous faire réagir, car il continuait avec un texte d’un autre belge, Henri Michaux, qui parlait au moins autant des ancêtres que ne le faisaient les maalems.(5)Maalem est un mot marocain qui signifie maître artisan. C’est perçu dans l’inconscient collectif de la société marocaine comme l’équivalent de nos compagnons du devoir. Il s’agit donc d’un titre honorifique qui présuppose un grand savoir, généralement acquis auprès de ses parents.embauchés par Eric van Hove. De même que les générations successives façonnaient un humain, les maalems avaient mis dans leur moteur toute un mille feuille de savoir.

Je cite ici ce texte frappant, parce qu’il ne s’embarrasse de rien, et surtout pas du lourd héritage du passé. Après la grâce donc, la légèreté :

 » J’ai, plus d’une fois, senti en moi des « passages » de mon père. Aussitôt, je me cabrais. J’ai vécu contre mon père (et contre ma mère et contre mon grand-père, ma grand-mère, mes arrière-grands-parents) ; faute de les connaître, je n’ai pu lutter contre de plus lointains aïeux. Faisant cela, quel ancêtre inconnu ai-je laissé vivre en moi ? En général, je ne suivais pas la pente. En ne suivant pas la pente, de quel ancêtre inconnu ai-je suivi la pente ? De quel groupe, de quelle moyenne d’ancêtres ? Je variais constamment, je les faisais courir, ou eux, moi. Certains avaient à peine le temps de clignoter, puis disparaissaient. L’un n’apparaissait que dans tel climat, dans tel lieu, jamais dans un autre, dans telle position. Leur grand nombre, leur lutte, leur vitesse d’apparition – autre gêne – et je ne savais sur qui m’appuyer. On est né de trop de Mères. – (Ancêtres : simples chromosomes porteurs de tendances morales, qu’importe ?) Et puis les idées des autres, des contemporains, partout téléphonées dans l’espace, et les amis, les tentatives à imiter ou à « être contre ».
J’aurais pourtant voulu être un bon chef de laboratoire, et passer pour avoir bien géré mon « moi ». En lambeaux, dispersé, je me défendais et toujours il n’y avait pas de chef de tendances ou je le destituais aussitôt. Il m’agace toute de suite. Était-ce lui qui m’abandonnait ? Était-ce moi qui le laissais ? Était-ce moi qui me retenais ? Le jeune puma naît tacheté. Ensuite, il surmonte les tachetures. C’est la force du puma contre l’ancêtre, mais il ne surmonte pas son goût de carnivore, son plaisir à jouer, sa cruauté.
Depuis trop de milliers d’années, il est occupé par les vainqueurs.
MOI se fait de tout. Une flexion dans une phrase, est-ce un autre moi qui tente d’apparaître ? Si le OUI est mien, le NON est-il un deuxième moi ?
Moi n’est jamais que provisoire (changeant face à un tel, moi ad hominem changeant dans une autre langue, dans un autre art) et gros d’un nouveau personnage, qu’un accident, une émotion, un coup sur le crâne libérera à l’exclusion du précédent et, à l’étonnement général, souvent instantanément formé. Il était donc déjà tout constitué.
On n’est peut-être pas fait pour un seul moi. On a tort de s’y tenir. Préjugé de l’unité. (Là comme ailleurs la volonté, appauvrissante et sacrificatrice).
Dans une double, triple, quintuple vie, on serait plus à l’aise, moins rongé et paralysé de subconscient hostile au conscient (hostilité des autres « moi » spoliés).
La plus grande fatigue de la journée et d’une vie serait due à l’effort, à la tension nécessaire pour garder un même moi à travers les tentations continuelles de le changer. On veut trop être quelqu’un.
Il n’est pas un moi. Il n’est pas dix moi. Il n’est pas de moi. MOI n’est qu’ne position d’équilibre. (Une entre mille autres continuellement possibles et toujours prêtes). Une moyenne de « moi », un mouvement de foule. Au nom de beaucoup je signe ce livre. Mais l’ai-je voulu ? Le voulions-nous ? Il y avait de la pression (vis à tergo). Et puis ? J’en fis le placement. J’en fus assez embarrassé.
Chaque tendance en moi avait eu sa volonté, comme chaque pensée dès qu’elle se présente et s’organise à sa volonté. Était-ce la mienne ? Un tel a en moi sa volonté, tel autre, un ami, un grand homme du passé, le Gautama Bouddha, bien d’autres, de moindres, Pascal, Hello ? Qui sait ?
Volonté du plus grand nombre ? Volonté du groupe le plus cohérent ?
Je ne voulais pas vouloir. Je voulais, il me semble, contre moi, puisque je ne tenais pas à vouloir et que néanmoins je voulais.
… Foule, je me débrouillais dans ma foule en mouvement. Comme toute chose est foule, toute pensée, tout instant. Tout passé, tout ininterrompu, tout transformé, toute chose est autre chose. Rien jamais définitivement circonscrit, ni susceptible de l’être, tout : rapport, mathématiques, symboles, ou musique. Rien de fixe. Rien qui soit propriété. Mes images ? Des rapports. Mes pensées ? Mais les pensées ne sont justement peut-être que contrariétés du « moi », pertes d’équilibre (phase 2), ou recouvrements d’équilibre (phase 3) du mouvement du « pensant ». Mais la phase 1 (l’équilibre) reste inconnue, inconsciente. Le véritable et profond flux pensant se fait sans doute sans pensée consciente, comme sans image. L’équilibre aperçu (phase 3) est le plus mauvais, celui qui après quelques temps parait détestable à tout le monde. L’histoire de la Philosophie est l’histoire des fausses positions d’équilibre conscient adoptées successivement. Et puis… est-ce par le bout « flammes » qu’il faut comprendre le feu ? Gardons-nous de suivre la pensée d’un auteur (fut-il du type Aristote – la pensée importe moins aussi que la perspective où elle surgit), regardons plutôt ce qu’il a derrière la tête, où il veut en venir, l’empreinte que son désir de domination et d’influence, quoique bien caché, essaie de nous imposer. D’ailleurs, QU’EN SAIT-IL DE SA PENSEE ? Il en est bien mal informé. (Comme l’œil ne sait pas de quoi est composé le vert d’une feuille qu’il voit pourtant admirablement.) Les composantes de sa pensée, il ne les connaît pas ; à peine parfois les premières ; mais les deuxièmes ? Les troisièmes ? Les dixièmes ? Non, ni les lointaines, ni ce qui l’entoure, ni les déterminants, ni le « Ah ! » de son époque (que le plus misérable pion de collège dans trois cent ans apercevra).
Ses intentions, ses passions, sa libido dominandi, sa mythomanie, sa nervosité, son désir d’avoir raison, de triompher, de séduire, d’étonner, de croire et de faire croire à ce qui lui plaît, de tromper, de se cacher, ses appétits et ses dégoûts, ses complexes, et toute sa vie harmonisée sans qu’il le sache, aux organes, aux glandes, à la vie cachée de son corps, à ses déficiences physiques, tout lui est inconnu. Sa pensée « logique » ? Mais elle circule dans un manchon d’idées paralogiques et analogiques, sentier avançant droit en coupant des chemins circulaires, saisissant (on ne saisit qu’en coupant) des tronçons saignants de ce monde si richement vascularisé. (Tout jardin est dur pour les arbres). Fausse simplicité des vérités premières (en métaphysique) qu’une extrême multiplicité suit, qu’il s’agissait de faire passer.
En un point aussi, volonté et pensée confluent, inséparables, et se faussent. Pensée-volonté.
En un point aussi, l’examen de la pensée fausse la pensée comme, en microphysique, l’observation de la lumière (du trajet du photon) la fausse.
Tout progrès, toute nouvelle observation, toute pensée, toute création, semble créer (avec une lumière) une zone d’ombre. Toute science crée une nouvelle ignorance. Tout conscient crée un nouvel inconscient. Tout apport nouveau crée un nouveau néant. Lecteur, tu tiens donc ici, comme il arrive souvent, un livre que n’a pas fait l’auteur, quoi qu’un monde y ait participé. Et qu’importe ? Signes, symboles, élans, chutes, départs, rapports, discordances, tout y est pour rebondir, pour chercher, pour plus loin, pour autre chose.
Entre eux, sans s’y fixer, l’auteur poussa sa vie.

Tu pourrais essayer, peut-être, toi aussi ? »
Henri Michaux(6)Henri Michaux – Postface à Plume suivi de Lointain Intérieur – 1963, Gallimard

Tout ceci me renvoyait à l’épigénétique, science émergente selon laquelle les phobies peuvent être des souvenirs transmis par les gènes des ancêtres. J’avais justement lu chez Nicolas Gauvrit(7)Nicolas Gauvrit, « les surdoués ordinaires », PUF, 2014, p. 40 : « un processus tel que la méthylation peut jouer sur l’expression des gènes…..le processus de méthylation est réversible, mais ce qui est tout à fait incroyable, est qu’il se transmet parfois à la descendance, rendant donc possible la transmission de caractères acquis. »

 

 methylation ADN . Source : en.wikipedia.org

methylation ADN . Source : en.wikipedia.org

Michaux présuppose le lourd héritage des gènes et veut s’en défaire, (j’aime beaucoup l’idée que tel ou tel ancêtre ne se réveille que dans tel climat ou telle position), sans compter que l’on subit aussi l’influence de ses contemporains. Etre soi le plus possible dans ces pénibles conditions, cela nous parle ô combien douloureusement ! Je ne peux m’empêcher d’avoir présent à l’esprit le fabuleux livre de Claude Simon Le vent, Tentative de restitution d’un retable baroque(8)Claude Simon « Le vent, Tentative de restitution d’un retable baroque », Editions de Minuit, http://www.leseditionsdeminuit.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=1850 , où le héros faisait la terrible expérience d’être un soi inapproprié dans un milieu qui était pourtant celui de ses ancêtres.
Qui parle à travers moi quand je ne reconnais aucun des traits de caractère que je suis pourtant en train d’exprimer ?

Comment je pense ? En images, en concepts abstraits ? Qu’est-ce que j’ai eu le temps et souvent hélas la nécessité absolue de refouler avant que je sois suffisamment adulte pour être à même de me poser cette question ?

Et dois-je me réapproprier à moi-même ou considérer ces accidents de personnalité sous l’angle de l’expérience et aller de l’avant ? Pourvu que ce qui constitue Ma Morale soit sauf !

Qui je suis a-t-il une réelle importance ? Ce qui compte n’est-ce pas plutôt comment je suis dans mon interaction avec autrui ?

 

Dans ce domaine, ce qui m’a longtemps occupée, c’est non seulement le pénible échange avec autrui mais encore avec le monde dans son ensemble, dans la mesure où je l’appréhendais toujours sous les angles respectifs de la chimie (ah ! Les passions brûlantes !) et de la physique (qu’est-ce que cet espace dans lequel j’évolue ?). Ce monde qui semble n’être qu’amas de molécules vibrionnantes disposées en réseaux savamment orchestrées selon une logique tellement subtile qu’il valait mieux encore choisir le sage parti de ne pas chercher autre chose que sa grâce. Sa grâce infinie.

Et s’en remettre aux sensations visuelles magiques qu’il nous procure, ainsi que l’ont compris quelques artistes emblématiques du land art.

Andy Goldsworthy, Yellow and Red. source :messagesdelanature.ek.la

Andy Goldsworthy, Yellow and Red. source :messagesdelanature.ek.la

Pourquoi leurs arrangements de cailloux et de feuilles  nous chatouilleraient-il autant l’âme sinon ?

Références   [ + ]

1. Bernard d’Espagnat, ancien directeur du Laboratoire de physique théorique et particules élémentaires de l’université d’Orsay, a enseigné la philosophie des sciences à la Sorbonne et fut le premier physicien théoricien en poste au CERN à Genève. De renommée internationale, il est l’auteur de plusieurs livres de référence, dont A la recherche du réel. Ici, une courte biographie de Bernard d’Espagnat, philosophe et physicien. http://www.larecherche.fr/actualite/aussi/bernard-espagnat-physicien-du-reel-voile-01-05-1997-85841
2. Petit dossier sur Eric van Hove et son moteur si touchant :
Son site : http://www.transcri.be/
Un wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Van_Hove
Une conférence TEdx Marrakech https://www.youtube.com/watch?v=EyF3ZXMW_a4
3. http://www.yabiladi.com/articles/details/26238/maroc-artisans-concoivent-moteur-base.html
4. source http://www.transcri.be/Eric_van_Hove_work_bio.pdf
5. Maalem est un mot marocain qui signifie maître artisan. C’est perçu dans l’inconscient collectif de la société marocaine comme l’équivalent de nos compagnons du devoir. Il s’agit donc d’un titre honorifique qui présuppose un grand savoir, généralement acquis auprès de ses parents.embauchés par Eric van Hove. De même que les générations successives façonnaient un humain, les maalems avaient mis dans leur moteur toute un mille feuille de savoir.
6. Henri Michaux – Postface à Plume suivi de Lointain Intérieur – 1963, Gallimard
7. Nicolas Gauvrit, « les surdoués ordinaires », PUF, 2014, p. 40
8. Claude Simon « Le vent, Tentative de restitution d’un retable baroque », Editions de Minuit, http://www.leseditionsdeminuit.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=1850